Perceptions et hallucinations

 Perceptions et hallucinations

Comment se forment nos perceptions ?Perceptions et hallucinations

Comment s’explique le processus des hallucinations ? Dans les situations d’insuffisance de perceptions attendues, notre cerveau est capable de combler le manque en créant lui-même des perceptions qui n’existent pas.
Ainsi pour la vision elle-même, nous ne voyons pas grand-chose en périphérie de notre champ visuel. Mais pourtant nous en avons l’impression, car notre cerveau recompose instant après instant la vision périphérique à partir de ce qui vient juste d’en être mémorisé.
Mais plus simplement, si nous entendons une chanson connue, et que la musique s’arrête d’un coup, nous pouvons facilement en entendre la suite assez nettement. C’est plus délicat quand c’est notre conjoint qui nous dit quelque chose. On est persuadé d’avoir entendu autre chose. Nous avons parfois la certitude d’avoir entendu ce que nous nous attendions à entendre.
Dans ces situations, le cerveau utilise les expériences antérieures pour « fabriquer » ces perceptions, comme si elles étaient attendues.

Et les hallucinations ?

Ces facultés prennent des proportions importantes et pathologiques chez les patients schizophrènes. Pour eux, les hallucinations auditives leur font entendre ce qu’ils s’attendent à entendre plus ou moins inconsciemment, jusqu’à avoir des perceptions de voix qui n’existent pas. Et de la même façon pour les hallucinations visuelles ou kinesthésiques. D’où la différence principale entre Perceptions et hallucinations.

Les chercheurs en neuroscience de l’Université Columbia et du New York State Psychiatric Institute (1) ont pu établir l’importance de ces hallucinations chez les personnes schizophrènes. Elles peuvent provenir de niveaux élevés de dopamine. La dopamine favorise ces distorsions en conformité avec les attentes inconscientes des patients. Nous savons d’une part que les antipsychotiques traitent souvent avec succès les hallucinations et freinent les circuits dopaminergiques dans le striatum. D’autre part les hallucinations sont favorisées par les médicaments dopaminergiques comme certains antiparkinsoniens.
Au final, la recherche de la dose minimale efficace d’antipsychotiques pour freiner ces hallucinations participe largement au processus de guérison des troubles psychotiques. Elle s’inscrit en complément de la psychothérapie et de l’intégration sociale.

(1) Source : Current Biology Feb 2018 10.1016/j.cub.2017.12.059 A perceptual inference mechanism for hallucinations linked to striatal dopamine.
Spiralibre

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